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Les projets pratiques langagières : introduction et présentation de l'appel à projet 2013-2014

Les principaux enjeux


L’idée de diversité

Logo_PL_colorAvec plus de 100 langues et accents présents sur son territoire, le Nord-Pas-de-Calais est connu pour être une terre de migrations et de brassage de populations d’origines diverses.

Plus qu’ailleurs, ce constat permet de souligner que «les langues n’existent pas sans leurs locuteurs : elles ne sont pas des données mais des produits de l’activité sociale, si la diversité est perçue comme un espace commun, c’est d’abord et essentiellement parce que les personnes s’y côtoient, échangent, construisent de la langue"

La notion d’identité

Les historiens ont longtemps défini la nation comme la coexistence sur un territoire donnée d’un peuple et d’une langue. Dans cette conception traditionnelle, la langue est fondatrice de l’idée même de nation et parler la même langue, c’est construire une identité commune.
Pour autant, on peut penser aujourd’hui que la construction d’une identité commune, et l’intégration sociale des individus, peuvent se doubler de l’affirmation d’identités individuelles multiples, fondées sur l’apparence à divers groupes sociaux, sans que la cohésion sociale ne soit menacée.

Affaire d’identité, la langue est aussi affaire de reconnaissance

L’évolution vers une reconnaissance par l’Etat de la richesse apportée par la diversité linguistique a été lente et s’est effectuée sous la poussée de facteurs multiples. Qui plus est, les moyens de conférer une légitimité à une langue sont nombreux et vont bien au-delà du statut que l’Etat peut lui conférer à un moment donné.
A la croisée de la sphère privée et de la sphère publique, la langue est d’abord affaire de sentiments, d’appartenances, elle est aussi affaire d’héritages et de transmission.

Les langues sont porteuses d’histoires, elles sont parties intégrantes de parcours de vie. C’est pourquoi, s’intéresser aux pratiques langagières, c’est nécessairement tenir compte des sentiments de légitimité/illégitimité des locuteurs.

La langue n’est pas figée, elle est toujours en mouvement

«Une grand-mère ne parle pas de la même façon que la petite-fille et le français d’un professeur d’université n’est pas le même que celui de la caissière d’un supermarché. Cela s’explique dans le premier cas par la différence d’âge, et dans le deuxième, par une différence de milieu socioculturel. Si en plus, la jeune caissière est originaire d’une autre région, il vient s’y ajouter une autre dimension géographique cette fois, et c’est la présence de cette particularité qui va s’imposer au point de recouvrir toute les autres»

Il n’y a pas d’un côté le bon français, le français savant et de l’autre côté des langues minoritaires parlées par des groupes délimités, eux-mêmes figés dans leur rapport au français. On ne peut envisager la notion de diversité sans y inclure la diversité intrinsèque de la langue.

Ainsi quand une langue se répand au delà de son lieu de naissance, elle se trouve en contact avec de nombreuses autres langues : c’est ce qui la façonne, la colore, la personnalise selon les lieux où elle s’impose. La langue française est en perpétuelle évolution, transformation au contact des autres langues qui, elles-mêmes, se modifient et évoluent simultanément.

Objectifs des Projets Pratiques Langagières


Les pratiques langagières sous-tendent divers mondes sociaux et culturels, des expériences humaines toujours en mouvement. C’est précisément la diversité et la complexité de ces univers langagiers qu’il s’agit d’explorer et de valoriser


Les objectifs visés par les projets pratiques langagières sont :

  • Aborder les publics comme possédant un savoir construit par l’expérience ;
  • Associer les publics à toutes les étapes du projet (de sa conception à son évaluation) ;
  • Interroger la diversité des univers et conditions des productions langagières des publics ;
  • Valoriser la créativité langagière des publics issue de la rencontre des différents registres langagiers ;
  • Permettre une expression sur les relations sociales vécues ayant permis de développer des compétences langagières ou au contraire les ayant entravées.

L'appel à projet 2013-2014 : Les registres langagiers

L'appel à projet 2013-2014 met l'accent sur les registres langagiers. Les registres langagiers sont les variations que présente un même message au niveau de la prononciation, de la grammaire et du vocabulaire, selon la situation de communication. Cela signifie que notre langue varie en fonction de la personne à qui nous nous adressons, du sujet de notre conversation et du lieu où nous nous trouvons.

Toute personne dispose d’au moins deux registres langagiers qu’elle utilise selon les situations et les interlocuteurs. Chacun de ces registres se caractérise par des marques particulières :

  • choix du vocabulaire,
  • construction des phrases,
  • respect ou non-respect des règles de grammaire.

Ces registres sont cependant difficiles à caractériser et il n’existe pas de frontière précise entre eux. Un mot peut être perçu de registre différent d’une région ou d’un pays à un autre et les mots peuvent changer de registre de langue avec le temps. Par exemple, le mot bouquin est perçu comme de registre familier en France, mais il est généralement perçu comme de registre correct ou même soutenu au Canada.

On distingue traditionnellement trois registres de langue principaux :

  • le registre familier (avec sa variante populaire)
  • le registre courant
  • le registre soutenu (avec sa variante littéraire)

Le langage familier

Le langage familier est une manière de parler avec des mots très simples et parfois vulgaires. On l'entend dans des conversations entre amis ou copains mais aussi lorsqu'une personne est en colère.

ex : Hé Alex, grouille maint'nant, on est en r'tard J'te l'avais bien dit i sont pas là. !

Le registre populaire est un langage familier qu'on trouve dans les communications entre personnes peu instruites ou entre personnes instruites qui emploient volontairement ce registre de langue.

  • La langue est relâchée et non conforme au bon usage.
  • Les expressions argotiques y sont très présentes.
  • Le registre populaire est généralement très expressif, même s’il y a absence de toute recherche expressive consciente.

Le langage courant

Le langage courant est une manière de parler qui est plus soignée et beaucoup mieux acceptée. Il s'utilise à l'écrit comme à l'oral avec des personnes que l'on ne connaît pas ou peu (milieu scolaire, professionnel, relations sociales...).

ex : Allez Alexandre, dépêche-toi ou nous serons en retard. Je te l'avais bien dit qu'ils n'étaient pas chez eux.

Le langage soutenu (ou littéraire ou châtié)

Le langage soutenu, surtout utilisé à l'écrit, est une manière de s'exprimer avec des mots rares et savants. On le lit dans les textes littéraires, on l'entend dans des discours, on l'utilise quand on s'adresse à une personne à qui on accorde beaucoup d'importance. Il exige une connaissance approfondie des ressources de la langue, mais aussi met l’accent sur les références littéraires, culturelles, etc.

ex : J'avais la conviction qu'ils étaient absents de leur domicile et je crains fort, cher Alexandre, que nous ayons désormais quelque retard, aussi hâtons-nous je vous en prie.

Source : users.skynet.be/fralica/refer/theorie/theocom/.../niveaux.htm

Retrouvez le nouvel appel à projet 2013-2014

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